Renard argenté

Pattes d’ours

Béatrice m’a offert un bouquin magnifique pour mon anniversaire, qui n’est pas un marabout, mais qui est tout aussi génial : La cuisine des fées et autres contes gourmands, de Bernhpatard Winkelmann, Gilles et Laurence Laurendon…
Il m’a occupé tout le cours d’anglais (sur l’économie américaine, d’où le pourquoi comment faire des doigts de fées à la fleur d’oranger et des pattes d’ours était nettement plus intéressant…).

Première recette testée : les pattes d’ours, des petits biscuits en forme de… bravo, vous êtes doués 😉

Pour environ 20 pattes d’ours.
Préparation : 40 min. Cuisson : 10 min.

Ingrédients :

  • 200g de farine de blé
  • 100g de beurre tempéré
  • 100g de sucre semoule
  • 3g de cacao non sucré en poudre
  • 4g de cannelle moulue
  • 3g de levure chimique
  • 1 pincée de sel
  • 1cl de lait
  • 1 petit œuf
  • 100g de sucre cristal pour la déco.

Préparation :
Versez la farine dans le cul de poule, saupoudrez de cannelle (au pif, la nôtre est en bâton et il faut la râper, donc je sais pas si ça faisait 4g, et de toute façon notre balance de cuisine n’est pas précise à 10g près…), cacao (même remarque quant au pif, mais le cacao était déjà en poudre :)), la levure et le sel. Creusez un puits, versez y le sucre, et le beurre tempéré. Sablez la pâte.

Refaites un puits pour y mettre le petit œuf et le lait (mais personnellement, je ne mettrai pas le lait la prochaine fois : il faut remettre de la farine pour se décoller les doigts, sinon), pétrissez légèrement pour faire une boule.

Mettre la pâte au réfrigérateur pendant une heure environ.

Avant de la retravailler, mettez le four à préchauffer (180°C)

Sur le plan de travail légèrement fariné (sinon la pâte ne va pas tarder à coller dessus), étalez la pâte sur 3mm d’épaisseur. Avec un emporte-pièce en forme d’étoile, découpez la pâte (si vous avez trois étoiles de taille différente, vous pourrez avoir les pattes de Papa Ours, celles de Maman Ours et celle de Petit Ours :)), et façonnez les étoiles en forme de pâte d’ours (en faisant une petite fente avec le couteau entre deux branches d’étoile, et en écartant la patte à cet endroit :)).

Avec le doigt, humectez d’eau le dessus des biscuits et saupoudrez de sucre.

Mettez à cuire 10 min environ : les pattes bombent légèrement, le sucre craquelle.

A déguster avec une infusion poire-vanille… miaaaam 🙂

Renard argenté

Carte postale d’automne — 9 novembre 2007

Souvenirs éparses d’un beau dimanche
réveillée bien trop tôt d’un sommeil frileux…
La brume avant l’aube dort encore
frissonnant fantôme faufilé d’argent pâle
se soulevant lentement, comme une respiration paisible…
Le silence est entier, rond et plein
comme le sera le soleil rouge quelques heures plus tard
quand il daignera monter au-dessus du bois.
Il fait frais sans faire froid.

Se promener dans le jardin
et s’arrêter, sans le réaliser tout de suite
juste au dessus d’un noeud de source,
là où le débit est plus fort
où il faudrait creuser un puits.
De là, admirer les feuillages à peine dorés
et écouter… dans le plus haut chêne, un merle.
Derrière moi… sans doute un rouge-gorge,
Robin au pépiement bref.
Dans le bois, les geais des chênes se disputent joyeusement
puis se fâchent après une pie.
Dans la haie… mésanges, peut-être ?
Et là, un ruban de Choucas des Tours,
mes mouettes-de-la-terre, dont le chant,
dont les appels tirent le cœur
et appellent vers un ailleurs – lequel, seulement ?

Chercher à séparer les odeurs aussi
mais la fraîcheur les rend fugaces :
la terre humide et froide, bien sûre,
toujours là, pleine et nourrissante.
Si on le secoue, le basilic sent encore un peu
une vague odeur de fumée…. en écrasant une touffe de serpolet
l’odeur des champignons.
Mais l’odorat humain est bien limité !
Les mains gelées, rentrer dans la cuisine,
retrouver l’odeur de « chez-les-parents »
— odeur de gâteau, de bois cirée, et vaguement encore, de colle à tapisserie.

Plus tard dans la journée,
s’échapper du brouhaha d’une réunion familiale
pour aller se promener en solitaire…
Laisser le cœur ralentir son allure,
retrouver le calme d’une respiration ample,
les odeurs de feuilles mortes, d’herbe et d’humus.
Trouver un nid tombé au sol et le ramasser soigneusement
— un tout petit nid tapissé de plumes grises,
bien rond et bien entrelacé ;
le prendre comme un heureux présage
et se remettre en route avec le précieux poids-plume.
Passer le pré aux chevaux, le chemin est bordé de hêtres et de charmilles
Le soleil qui commence à descendre
leur donne de sa belle lumière d’or brillant
Dans l’ombre des talus, quelques feuillages
ont gardé le jaune éclatant,
et continuent d’éclairer les sous-bois.
Continuer jusqu’aux champs de maïs,
trouver deux épis oubliés et les ramasser
— Flopsy le lapin sera content.
Redescendre ensuite avant le frais,
avant l’ombre du soir
— il faisait tellement bon
que je n’ai même pas pris de manteau.

Dernière surprise de la journée : un chevreuil
pas du tout affolé
traverse la route juste devant la voiture,
pilée nette par mon père.

L’animal au beau pelage, démarche gracieuse,
ne daigne même pas tourner la tête vers nous.