Renard argenté

Carte postale d’automne — 22 décembre 2006

…postée le premier jour de l’hiver, presque pas en retard, et glanée au fil de mes verbiages babillards…

Journée calme,
le ruban de soie taffetas gris entre les peupliers
les feuilles de chêne qui s’entrechoquent
et quelques roses oubliées sous la pluie…
L’accalmie au couchant,
le ciel noir et froid d’une belle nuit
claire sous les étoiles et sous le Lune
Froid dehors et chaud-douillet dedans…
trois bougies dans les photophores,
flamme haute et belle,
odeur d’agrumes et de tarte aux pommes saupoudrée de cannelle.

Les voiles vaporeux de la robe du fleuve
qui du bout des doigts vient se frotter aux herbes gelées de blanc
la haie pleine d’oiseaux – mésanges charbonnières et merles
pour l’essentiel –
et leurs jacasseries flûtées
le froid humide et glaçant qui mord les doigts
la brume qui se lève et cache les vergers
le thé de Noël et le pain d’épice
la bouille de Marie-May tartinée de petit suisse
et celle de Romain qui imite la machine à café de mes parents
— « brrrrrrrrrrrououououou »

le bruit du vent sous les volets
— rester encore dix minutes les yeux fermés —
deux feuilles de chène affolées qui courent sur la terrasse
— et vont rejoindre le tas accumulé contre les lavandes —
trois flocons blancs qui picottent les joues
— rêvés, sans doute, il n’y a pas un nuage —
quatre pots de confiture de courge muscade au miel
— avec une pomme pour le croquant —
un gâteau aux marrons glacés et aux noix
— le glaçage au sucre blanc étalé au couteau —
une tasse d’infusion de verveine
— avec une bonne cuillerée de miel du Jura —
et treize bougies d’anniversaire
— les années passent et la petite grandit.

L’odeur du café
l’âpre de la confiture de kakis
l’acidulé de l’orange
— toujours pas mangé de papillotes,
je tiendrai jusqu’à Noël !
— les biscuits au gingembre
et le pain blanc beurré.

Demain sera l’hiver
et ses jours grandissants
demain le froid semblera plus prononcé
et les caresses du soleil plus faibles ;
mais pour aujourd’hui encore, juste un peu,
rester en éveil avant le long sommeil blanc…

Renard argenté

Confiture de kakis aux agrumes

Dans le jardin de mon  grand-père il y a… un plaqueminier 🙂 Comme le nom de cet arbre ne l’indique pas, il fait des kakis, ces fruits oranges que l’on mange après les gelées, quand ils sont blets et qu’ils s’écrasent entre les doigts. La texture et le goût sont étranges, mais pas désagréables : un peu douceâtre au coeur, plus âpre quand on se rapproche de la peau. C’est bon.
Donc, dans le jardin de mon grand-père, il y a ça, et seule ma mère et moi aimons les kakis. Seulement, la production est trop grande pour seulement nous deux, et puis les kakis sont astringents, donc on évitera d’en manger trop. La solution — parce que la nourriture, ça ne se jette pas — est donc d’en faire de la confiture. Ma mère en a fait une première bassine, mais elle a râclé les peaux, ce qui donne une confiture un peu âpre et peu conseillée pour les estomacs fragiles.
J’ai fait la deuxième bassine en suivant mon nez — et il est fin 😉 —, et le résultat est moins âpre — bon, le kaki à la base, ça l’est, âpre, c’est sa nature, mais là ça ressort moins et on n’a pas l’impression d’avoir une langue de bois après.

Ingrédients (pour 3 pots de 300 g environ)

  • 1 kg de kakis bien mûrs (c’est simple, quand ils sont mûrs, ils s’écrasent ; mais c’est seulement à ce moment-là qu’ils sont bons, sinon, c’est comme manger… je sais pas… de la pierre ponce ?)
  • 600g de sucre
  • Le jus d’un 1/2 pamplemousse
  • Le zeste d’un citron et ses quartiers
  • 50g d’orange confite
  • Gingembre
  • 1/2 gousse de vanille
  • 2 bouchons de rhum

Préparation

  • Prélevez la pulpe des kakis sans râcler la peau. Je vous aurais prévenus 😉
  • Mettez la pulpe dans la bassine à confiture, le jus du pamplemousse (et son zeste s’il n’est pas traité), le zeste du citron, les quartiers de citron pelés à vif (si vous y arrivez… ce fut un échec pour cette fois :s), l’orange confite, les épices et le sucre.
  • Laissez macérer avec le sucre (seulement 600g, parce que sur le kilo de kakis de départ, il y a eu du déchet…) jusqu’à ce que le sucre soit dissoud (soit environ 40 min).
  • Ajoutez le rhume rhum (oui, c’est l’hiver, pourquoi ?) et portez à ébullition pendant 6 à 7min (à gros bouillon et sans décesser de remuer).
  • Mettez en pot et faites-vous une tartine avec ce qu’il reste sur les bords de la bassine 🙂

J’aurais bien fait aussi de la gelée de pommes au citron vert, mais je suis la seule à aimer ça chez mes parents… ça attendra quand j’aurais un chez-moi 🙂

Ré-édition du 19 décembre : Confiture de kakis à l’orange et au citron

Mon grand-père nous en a de nouveau donné… 2kg. J’ai donc fait une variante :

  • 2kg de kakis,
  • 1 orange et son zeste grossièrement râpé (avec la grosse râpe, quoi),
  • 1 citron traité de même façon.
  • 1,5kg de sucre.

Le traitement se fait de la même façon : réservez la pulpe, ajoutez les zestes et les jus, le sucre, laissez mariner 1h, et faites cuire ensuite à gros bouillons. C’est encore meilleur qu’avec le pamplemousse !