Carte postale d’été — 18 juillet 2006

La lumière du jour à travers les volets,
et l’odeur humide du matin clair ;
le grincement du portillon du jardin
ré dièse mi si    lors de ma visite matinale,
les pieds humides de rosée
et les fil d’araignées contre les jambes dans les allées.

L’odeur des tomates sous la serre
et celle poivrée des œillets,
le trissement d’un martinet
le rouge insolent des dahlias et des glaïeuls,
et le rebond net d’une sauterelle dans les courgettes.

Le crissement des graviers dans l’allée,
le feutré des pieds nus sur la terrasse.

Le chuintement que fait la marmelade en macération,
quand on remue à la cuillère en bois
les abricots dans le sucre,
et l’odeur de la cannelle se mêlant à celle du café.
Remuer la mélisse en train de sécher,
et la verveine prête à mettre en pot…

Faire cliquer la cuillère contre le verre
du pot de confiture de groseilles
— raclé jusqu’à la dernière goutte
sur le dernier pain au miel.

Le bruit mat des abricots tombant dans l’herbe,
et leur roulé dans le panier d’osier ;
le snip du sécateur et le parfum des roses rouges,
la piqûre d’une épine et la perle aussi rouge
que les pétales des jeunes gaillardes…

Le bruit lancinant d’une cigale
se prenant pour un jet d’arrosage automatique
— de ceux qu’on trouve dans les grands champs de tournesol.

Le vol des choucas, leur cri poignant et heureux,
le rouge pourpré du soleil dans le creux du Pilat…

Ramasser les figues dans la lueur du couchant,
quand les guêpes sont parties
frôler le serpolet et son odeur d’automne
faire partir une escadrille de sauterelles grises devant moi.

Arroser au jet les fleurs sur la terrasse
et en effleurer le feu d’étoiles bleues des lavandes
pour mêler leur odeur à celle de l’eau.

Arroser aussi le petit parc de la tortue
pour qu’elle soit un peu au frais     elle dort
sous les pervenches.

Rentrer dans la cuisine, l’odeur de la marmelade
qui mijote tout doux, tout doux…
Improvisation à deux flûtes sur du jazz cubain,
le plaisir engendré par leurs voix venteuses     fières     joueuses
et le plop des couvercles quand le vide se fait.

Récupérer le lapin évadé de sa cage
et lui promette une sortie quand je pourrais le surveiller
— pour une fois, la bête ne cherche pas à mordre
lui caresser le bout du nez
et entre les oreilles aussi —
lui souhaiter une bonne nuit.

Repasser dans le couloir,
apprécier encore l’odeur des confitures,
et aller se coucher…

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